03/12/2006
Dans les bois éternels
En fait je relisais un vieux Biba du mois de juillet avant de le jeter (non je ne stocke pas de vieux papiers), et v'là t'y pas que je tombe sur la critique littéraire de Dans les bois éternels de Fred Vargas. Comme elle est très bien faite, je m'en vais de ce pas vous en faire profiter, non sans vous rappeler au passage qu'elle n'est pas de moi, mais d'un certain R. Ba, qui, d'après l'ours situé en fin de numéro, se nomme Romain Bassoul. © Romain Bassoul, Biba n°317, juillet 2006, donc.
C'est parti.
Dans les bois éternels.
Fred Vargas, Viviane Hamy, 18€
En deux mots
Deux paumé égorgés porte de La Chapelle, des cerfs éventrés dans une forêt normande, des vierges tondues pot-mortem... autour du commissaire Adamsberg tout se complique.4 raisons de le lire
1. La fantaisie. Le nouveau lieutenant parle en alexandrins, le curé du village conserve un grimoire maudit, la bicoque du commissaire est hantée...
3. La bonne humeur. Le sang coule, le commissaire patauge, la peur monte, mais le lecteur est toujours épargné : Fred Vargas a le bon goût de ne pas abuser de la noirceur humaine (alors que ce serait facile)
4. La malice. Le roman empile les énigmes, les digressions, les facéties verbales, ce qui ne facilite pas, pour le lecteur, la chasse au coupable. Après l'avoir bien baladé, l'auteur lui offre, dans une dernière pirouette, la clef qui crevait les yeux depuis le début, évidemment.
L'avis du critique
Faussement légers, très bien construits, fourmillants de notations aussi acérées que cocasses (piquantes, en somme) et de personnages invraisemblables qui sont peut-être nos voisins, les romans de Fred Vargas débusquent la poésie du quotidien le plus plat, pour mieux jouer, avec nos nerfs comme avec les poncifs. Que demander de plus ? R.Ba
Réponse de votre serviteur : Rien. Et rien à rajouter non plus à cette critique, tout y est.
Alors si comme moi, vous n'aimez pas les romans policiers, que vous avez des a-priori sur Fred Vargas et sa notoriété populaire ("pff, de toute façon, rien ne vaut Gaston Leroux et son Mystère de la chambre jaune")... Précipitez-vous sur cette petite merveille.
Vous n'en décrocherez plus.
Une transposition au cinéma, avec José Garcia dans le rôle du commissaire dit "pelleteux de nuages" ? On attend de voir. Avec une pointe d'impatience, quand même.
(Et pour ceux qui tiennent à le savoir, oui, je me suis pas mal amusée à reproduire à l'identique la mise en page de Biba.)
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27/05/2006
Les miscellanées de Mr. Schott
Oscar Wilde, mon vénéré maître à penser, se lamentait ainsi autrefois : "c'est bien triste chose que de nos jours, il y ait si peu d'informations inutiiles". Quelques siècles plus tard, il faut croire qu'il fut entendu... Grâce soit rendue à Mr. Schott, avec ses Miscellanées vous avez entre les mains LA référence sur le sujet.
Etes-vous au point sur le nom des scores de golf ? Les cercles de l'Enfer chez Dante ? l'échelle de piquant des piments ? Le nom du fournisseur officiel de cornemuses d'Elisabeth II ? Les degrés de la Franc-Maçonnerie ? La portée des missiles ballistiques ? Le nombre de maris de Elisabeth Taylor ? Si oui, bravo, vous pouvez écrire vos propres miscellanées et devenir un nouveaux best-seller, comme Mr. Schott. Si non, foncez à la FNAC la plus proche (ou au Furet, c'est mieux) pour rattraper votre retard culturel. Vous serez un homme (une femme) neuf.
Jetez vos Quid? et vos Que sais-je, c'est du pipi de chat. Avec les Miscellannées, vous pourrez, vous aussi, comme Oscar W., vous la péter dans les dîners : "j'adore parler de rien, c'est le seul sujet que je possède..."
En résumé : c'est utile ? Non. Donc c'est indispensable... (copyright Leon-Tom Cruise pour les initiés...)
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