13/12/2006
Typicollogismes, part. 3 - Il panettone, mythe transalpin
Pourquoi trouve-t-on en France du panettone toute l’année dans n’importe quel supermarché ayant un rayon « Cuisines du monde », alors qu’en Italie, berceau même du panettone, on n’en trouve qu’à Noël ? C’est pas un comble ça ?
Petite explication, dans la série « Cultivons-nous sauvagement ».
Il faut avant tout savoir que le panettone est typiquement milanais. Sorte de grosse brioche dont la forme est sensée rappeler une coupole d’église, elle doit son goût particulier aux raisins secs et au cédrat confit qui le composent. C’est une vrai merveille, et dans la famille Lebrun on en consomme allégrement à goûter comme au petit déjeuner, ce qui, je l’ai découvert ici, est une pure hérésie : mangeriez-vous de la bûche de Noël au p’tit déj, ou en plein mois de juin ? Non, certes non. Et bien, côté symbole, on en est là. Parce que sinon, c’est bien le seul point commun que partagent ces deux desserts.
De fait, à Noël, on voit du panettone partout, en habits de fêtes dans du papier cristal avec débauche de rubans, de toutes les tailles (j’en ai vu un de 14 kg, pour famille très nombreuse, avec un Hummer équipé d’un palan pour transporter l’engin), mais aussi du pandoro, même forme mais consistance plus moelleuse et compacte, aromatisé à la vanille et abondamment saupoudré de sucre glace. Pour celui-ci d’ailleurs, tout est permis : fourré au chocolat, au limoncello, aux Bacci di Perugina, etc. Parfois c’est n’importe quoi, il faut bien le dire.
Mais revenons au panettone.
Il y a quelques années, crise sociale en Italie. Les syndicats des producteurs de panettone se sont mis en grève, protestant contre toutes les complications que leur posait une production saisonnière aussi intense. Du coup, prise de conscience publique, et, pour leur permettre d’étaler un peu ladite production, on a planché sur un moyen d’allonger la durée de conservation (ben oui, le beurre, ça rancit vite, et après, s’il vous faut jeter votre bête de 14 kg à la poubelle, vous l’avez un peu mauvaise). Bingo.
Ensuite, on s’est demandé si l’on ne pouvait pas généraliser tout bêtement sa consommation, histoire de pouvoir en vendre toute l’année, et d’avoir des revenus supplémentaires (ben voyons).
C’était mal évaluer l’esprit de tradition. J’en reviens à la comparaison évoquée plus haut : même avec d’astucieuses campagnes marketing, des prix cassés, et tout et tout, iriez-vous acheter une bûche de Noël pour fêter votre anniversaire au mois d’août, ou pour accompagner votre café ? Encore une fois, la réponse est non.
De fait, on a eu beau faire de la pub, proposer des mini-conditionnements individuels, des goûts différents et tout, et tout, la ménagère de moins de 50 ans (et les autres aussi) a fait la sourde oreille.
(Dans la série « Le marketing, c’est fantastik », cher public, retiens cette règle d’or : on ne change pas comme ça, d’un claquement de doigts, les habitudes de consommation. Le marketing n‘est donc pas omnipotent ? Tu mets le doigt dessus, mais chut, ne vas pas l‘ébruiter, si tout le monde arrête de penser que c‘est vrai, on est mal, surtout moi)
Que faire ? Réponse : exporter à l’étranger, vers ces contrées barbares où l’on considèrera le saint gâteau comme une bonne grosse brioche aux raisins secs (« Bah, c’est du Krammik, quoi », comme dirait le Docteur D., qu’il faut toujours qu’il râle celui-là, c’est dingue à la fin), que l’on aura donc aucun scrupule à dévorer pour le goûter en le trempant dans son chocolat chaud, voire même en le tartinant de beurre (hérésie ++++++, mais bon, que voulez-vous, chacun son vice, après tout j'en connais bien des qui mangent leur Nutella avec du beurre).
Et voilà. La boucle est bouclée. Voilà pourquoi, si je veux du panettone pour mon petit-déjeuner au mois de mai, il faudra que je l’importe de Meudon.
Que c’est beau la globalisation.11:10 Publié dans Dans la série "cultivons-nous sauvagement"... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12/12/2006
Typicollogismes, part. 2 – Questions de société
A la messe, la lecture des intentions de prière m’a un peu faite sursauter : le thème en était bien entendu la mamma, et à un moment, la dame qui les lisait a dit « prions pour les femmes qui ne trouvent pas le courage de supporter cette vie qui grandit en elle, et choisissent des solutions extrêmes... » (Pause)
Je m’attendais à ce qu’elle continue en disant « ... et qui se suicident », c’est pas marrant mais ça arrive hélas, ou encore « ... et qui tuent leur enfants », oui, ici aussi l’affaire Courjault a fait couler beaucoup d’encre, ou je ne sais quelles solution vraiment extrêmes.
(Lecture) « ... telles que l’avortement ». Ah oui. Extrêmes. C’est vrai qu’ici ils ne sont pas franchement pour. Ben ça fait quand même bizarre.
11:05 Publié dans Dans la série "cultivons-nous sauvagement"... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09/12/2006
Typicollogismes, part. 1 - Il caffè
Pas eu beaucoup le temps d'écrire ces derniers temps... Et pourtant il y a eu du neuf.
Finalement, j'ai été plus têtue qu'une vieille mule, et j'ai eu mes vacances de la Toussaint à La Gourre.
Ben oui. J'ai également fait mon premier trajet long en voiture, à savoir 10h d'affilée. Normalement j'avais tablé sur 8 pour faire Pavie-Saint Martin sur Ocre, mais le brouillard milanais m'a fait perdre 2h, à rouler à 50km/h sur autoroute. Même avec feux de brouillard + feux de route + yeux équarquillés à la « lapin mixomatosé » , on n'y voyait goutte, c'était plutôt impressionnant. Drôle d'ambiance. Si un monstre des ténèbres, type Arachnée dans Lord of the Rings, était sorti de l'ombre pour me gober, voiture comprise, je n'aurai pas été vraiment surprise.
Une petite semaine giennoise, donc. ça fait du bien. Puis un court séjour à Paris, et enfin, le chemin inverse.
Ensuite j'ai repris mes petites habitudes d'Italienne d'adoption. Caffè avec Rossella, Giulia, Luigi, Serena, Elisa, Franco, Francesca et les autres, calligraphie chinoise avec Catherine Deneuve (surnom d'Elisa, d'après la seule phrase qu'elle connaît en français), vélo, surveillance du niveau du pot de peanuts butter de Giamba, écoute abusive de Nuvole e Lenzuola, le nouveau single du groupe Negramaro, et j'en passe. J'ai enfin réussi à dresser une liste des différents types de cafés que l'on peut commander, au bar de l'université entre autres, et je vais de ce pas vous en faire profiter:
espresso : la base de tout. L'Alpha et l'Omega de la tradition caféière italienne. Être ou ne pas être un espresso.
ristretto : le piccolo-minuscule café que l'on vous sert, et dans lequel il est difficile de tremper sa tartine du petit déjeuner (© Joël D.). Et oui, ce n'est pas l'exact traduction de notre café serré national. Là, on vous sert une goutte de liquide, mais mamma mia, quelle goutte ! Vous êtes bon pour faire de la tachycardie jusqu'au soir. Très bien avant le cours chiantissime de lingua italiana, le vendredi soir. Très bien aussi sur l'autoroute, c'est toujours plus sain que le Red Bull.
macchiato : un espresso avec une mousse de lait légère et aérienne, (tremper ses lèvres dans un nuage...), comme vous ne réussirez jamais à en faire, même en vous achetant le VRAI pot à lait italien et en bousillant la pression de votre machine à espresso franco-française (ça sent le vécu). Le mardi et le mercredi, remontant essentiel de l'étudiant qui a eu cours de marketing avec Carlo Magni (mais où est-il allé pêcher que TOUS les étudiants savent programmer sur Excel en basic ??)
cappuccino : trop facile. Servi dans une grande tasse (Attention ! Pas un mug, malheureux, ce serait un crime de lèse-café).
marrochino : un petit cappuccino, servi dans une petite tasse cette fois, mais plus grande quand même que celle du macchiato (je vous avais dit que c'était tout un art), avec en prime du cacao dessus. Miam. Carburant essentiel du vendredi avec Rossella, quand Daniele "Longdan" Cologna nous a fait pleurer en parlant (et en écrivant aussi !) chinois trop vite. Peut se servir froid aussi, parait-il, mais je n'ai pas encore poussé le vice jusqu'à essayer.
latte macchiato : servi dans un verre plus ou moins grand, c'est plus ou moins un macchiato, mais la dose de lait y est supérieure au café. Un grand café au lait, en somme.
caffè freddo : café froid et sucré. Ce n'est plus vraiment la saison, mais ce que c'est bon... A Perugia on s'en envoyait des litres.
sfiziosi : uniquement disponible à Vigevano, mais ça vaut le coup, d'abord parce que la place, dessinée par Bramante, est l'une des plus belles d'Italie, mais aussi parce que le mélange espresso + chocolat chaud + cannelle + crème chantilly + granulés de chocolat est à tomber par terre^^
corretto : espresso avec grappa ou amaretto... sans commentaire. Oui, toi aussi, commande un caffè corretto (sans caffè pour les plus hardis, selon la célèbre phrase entendue dans un bistrot : "un café-calva sans café, patron !") au bar de l'université, et vas cuver en cours d'anglais après. Les blagues de John Coggan et l'accent de certains de tes collègues te sembleront moins lourds à supporter. Heureusement qu'il y a Luigi et Gabriele avec qui tuer le temps.
Voilà, pour le moment. A chaque jour son café, c’est un peu ça. et je vous ai passé sous silence les boissons non-identifiées, mais néanmoins stupéfiantes que les Italiens peuvent combiner avec un café : de la pistache, des granulés de machin, du praliné, de l'alcool de trucs... Starbucks n'a qu'à bien se tenir.
Prochain chapitre, la pasta. Ou comment les supermarchés italiens ont des rayons "féculents" démesurés.
17:05 Publié dans Dans la série "cultivons-nous sauvagement"... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24/06/2005
Sacré Dédé
Dans la série "cultivons nous sauvagement" (copyright Eric C.), deux petites citations d'André Santini qui nous ont bien fait rire tout à l'heure, Papa et moi :
Saint Louis rendait la justice sous un chêne, Arpaillange (ex-ministre de la Justice) la rend comme un gland.
Il y a eu beaucoup d'hommages lors des obsèques de Mitterrand. Je ne me souviens pas qu'on en ait fait autant pour Giscard.
Et que dire de Michel Charasse avec son Mamère Noël est une ordure ?
13:40 Publié dans Dans la série "cultivons-nous sauvagement"... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








