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24/10/2006
Mon coming-out
On ne dit pas assez souvent “Je t’aime”. J’en ai conscience, et toi aussi cher lecteur.
Oliver Voutch, je vous aime.
Depuis ce jour béni où j’ai découvert vos dessins dans le Madame Figaro, un dimanche sur deux, ma vie n’est plus qu’une alternance de semaines « avec » et de semaines « sans ». Finies pour moi les semaines paires ou impaires, il n’y a plus que des semaines Voutch ou non-Voutch.
Le GPS domestique, le fer à repasser numérique, les reblochons fermiers re-designés par Starck, la soupe au chat, les trois mois d’ADL gratuites pour trois soles achetées, le Prozac, les beach-psys, Bill Gates, le risque bactériologique inhérent à l’achat d’une baguette de pain, le shit-art… (oui, je sais, pour ceux qui ne connaissent pas, cet inventaire ne doit pas évoquer grand-chose… Et pourtant, si vous saviez ce que vous manquez !)
Si la Fnac la plus proche de ton domicile est fermée (ça arrive), tu peux aller faire un tour sur son site pour patienter un peu : www.voutch.com. On y trouve des dessins originaux issus de certains de ses merveilleux albums, et aussi et surtout une biographie du personnage (dans l’onglet VOUTCH-CLUB) qui devrait vous éclairer un peu plus sur son univers, le pourquoi du comment, etc. Enjoy.
Et surtout, n’oublie pas : Le pire n’est même pas certain…
12:30 Publié dans Loisirs et confitures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23/10/2006
Once Upon A Time in Ganymede -- Érasme, tiens-toi prêt, j'arrive
Je viens de revoir la fin de Cowboy Bebop.
Et comme la première fois, j'en ai la chair de poule. Shinichiro Watanabe n'a fait que deux anime (à ma connaissance, mais peut-être plus en fin de compte, je ne sais pas tout, loin de là), mais il a réussi deux perles. Samourai Champloo m'a collée au plafond pendant toute l'année dernière (Hagaren hors compétition, cependant), et Cowboy Bebop me démontre une fois de plus qu'il n'a pas à rougir de la comparaison. Western futuriste sur fond de jazz VS film de samouraï anachronique axé hip-hop ? Égalité, m'sieur.
Je m'étais enthousiasmée pour la fin de Samouraï Champloo, road-moviesque au possible avec deux épisodes finaux offrant un climax insoutenable (vont-ils se faire tuer tous les deux par les méchants ? Vont-ils se tuer l'un l'autre en s'affrontant enfin ? Y aura-t-il des survivants, si oui, qui, combien, où ??), mais comment oublier le final western-spaghettiesque de Cowboy Bebop ? Ah là là là, finalement ça a du bon de ne pas encore connaître d'autres erasmus people avec qui faire la fête tous les soirs : ça permet de réviser ses classiques.
Cela dit, là c'est pas tout à fait vrai : il faut en effet que j'aille me préparer pour aller chez Peter le Belge flamand, pour une petite soirée de derrière les fagots. Ouf, il était temps : je vais enfin connaître la débauche erasmusienne^^
See you, space cowboy...
21:40 Publié dans Dans les salles obscures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21/10/2006
J'ai le coeur grenadine...
Une petite note nostalgique ce samedi. Attention, pas de vague à l'âme comme la dernière fois, non, juste une petite bouffée de mélancolie nostalgique.
Je voudrais aller à La Gourre.
La Gourre, pour ceux d'entre vous qui ne connaissent pas, c'est MA maison de famille (enfin celle de mes grands-parents). C'est là que toute la famille a passé religieusement, et passe toujours, toutes ses vacances. Imaginez une grande maison, recouverte de vigne vierge, avec des chiens assis, un toit de tuiles rouges moussues, une terrasse en ardoise où il fait bon profiter du soleil en fin d'après-midi, une cour fleurie et calme juste ce qu'il faut pour le petit déjeuner le matin, un grand champ aux arbres multiples et variés... Mais aussi une grande cheminée, qui chauffe une salle aux poutres apparentes, avec sa table autour de laquelle on se retrouve...
C'est la maison des souvenirs... Non, c'est la maison DU souvenir. Les mariages, les baptêmes, les anniversaires... Elle a tout vu. Elle a tout connu. La chambre du haut transformée en dortoir pour accueillir les cousines, les hurlements sauvages à la moindre "bête" qui court sur les murs, les expéditions en vélo pour aller chercher du pain, les soirées "crapettes", Hallowe'en (pardon Loup, j'avoue, mais tu connais... tout est bon à prendre du moment où je peux me déguiser et faire l'œuf), la piscine le matin, les fous rires avec ma grand-mère, les crapettes avec mon grand-père, les balades dans les champs voisins, les coings, les mûres, ces saloperies d'oiseaux qui nous bouffent toutes les cerises avant même qu'on puisse en profiter, les tartes aux reines-claudes, les confitures de Mamina...
Les Noëls, où avant que la maison ne soit tempérée, on dort dans des draps dont on se demande s'ils sont humides ou juste très froids (mais je me couperais un bras plutôt que de renoncer à passer le 24 et le 25 décembre là-bas), les Noëls où l'on se relève parce que quelqu'un a aperçu le Père Noël dans le champ (merci Tonton^^)...
Les étés, où l'on alterne entre chaise longue, piscine et farniente. Où chaque prétexte est bon pour s'offrir un petit apéro le soir, à la fraîche, assis sur la margelle du puits. Les étés où l'on fait chauffer le barbecue pour une côte de bœuf dantesque. Où l'on tond le champ, où l’on fait n’importe quoi avec les tuyaux d’arrosage...
Les petits week-ends, glanés par ci, par là, pour profiter des derniers ou des premiers beaux jours... La fête de la citrouille, Pâques, et j'en passe...
La Toussaint.
La Toussaint, où les jours raccourcissent et où le soleil prend cette couleur dorée de fin d'après-midi que j'aime tant. Il fait beau, assez froid pour allumer un feu dans la cheminée, après avoir trouvé un livre au grenier. On joue à la crapette en buvant de la gnôle du Père Carreau, à 90° "oui mais c'est de la potion magique, c'est pour mieux gagner". On est là, on est bien, ça sent le feu de bois, l’hiver qui approche, les châtaignes qui grillent : c'est la période de l'année que je préfère.
Mais... Finies les vacances de la Toussaint, à l'université ça n'existe pas ! Je ne devrais pas me plaindre, c'est ça de grandir, mais je n'y arrive pas (à ne pas me plaindre, oui, et à grandir aussi). D'où la teinte mélancolique de cette note, qui rassemble par ailleurs furieusement à une rédaction de CM2 du type "décrivez votre maison de famille".
Ben oui, mais que voulez-vous. Je l'aime d’amour cette maison.
21:25 Publié dans Moi, ma vie, mon oeuvre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18/10/2006
Je suis vilaine
Je suis vilaine.
Je me suis fait un certificat médical... sur l'ordonnancier de Papa... et c'est le Docteur D. qui a signé.
Je suis VRAIMENT vilaine. But, as we usually say, "good girls go to Heaven... Bad girls go everywhere"^^
21:32 Publié dans Moi, ma vie, mon oeuvre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09/10/2006
Vicissitudes de la faune transalpine
Vous ne savez pas ce qui m'est arrivé aujourd'hui ???? Après le cours de Storia della Cina, je vais boire un p'tit cappuccino avec Rossella au café de l'Université. Très agréable, soit dit en passant, un vrai coin sympa very fashion, avec écran plats géants diffusant alternativement des clip de MTV et des défilés issus de la fashion week de Milan, ce qui, vous en conviendrez sans peine, n'a que peu de points communs avec le foyer de l'IEP et ses fresques murales ambiance chute du mur de Berlin.
Bref, ne nous éloignons pas cependant. En sortant, j'ouvre mon portable pour quitter le mode silencieux, et là, SPLATCH !
Un gros caca de pigeon.
Sur le clavier. En plein dans le mille. C'est pas possible, il devait m'attendre cet enfoiré.
Vais devoir démonter le téléphone, ça s'est infiltré partout cette merde (c'est le cas de le dire). Si déjà à Pavia les pigeons italiens sont vicieux à ce point, je n'ose penser aux horreurs du même acabit qui doivent se produire sur la place Saint-Marc à Venise.
Mea culpa
Malgré cet incident déplorable, aujourd'hui fut une bonne journée. Alors que vous êtes, j'imagine, déjà en col roulé, avec des écharpes et tout, ici nous jouissons d'un été indien tout à fait surprenant, du moins pour la Parisianno-Lilloise que je suis. 22° cet après-midi, tout le monde en t-shirt, lunettes de soleil, à boire des caffe freddo sur les terrasses en ville. La classe.
Et alors, tandis que je me promenais le long du fleuve jusqu'au pont couvert, avec cette agréable lumière rasante du soleil d'automne, j'ai presque eu un sentiment de regret, voire de honte, par rapport à ce que j'ai écrit samedi. C'est vrai quoi, j'ai quand même une chance inespérée de pouvoir passer un an ici à faire (quasiment) ce que je veux, c'est donc indécent de pleurnicher en disant "je veux rentrer à ma maisooooooooon". Bon, c'est vrai que les premiers jours ont été un peu difficiles, mais maintenant tout va bien, et ce serait trop bête de gâcher cette année en comptant tout les jours sur un calendrier le temps qu'il reste avant le retour. Ça fait pov' petite fifille qui ne sait pas saisir sa chance, et il m'est inimaginable, pour des raisons d'orgueil personnel, de me comporter ainsi !
Alors forza Italia, et carpe diem aussi. Non mais des fois.
19:55 Publié dans Moi, ma vie, mon oeuvre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08/10/2006
L'homme invisible - De l'universalité du concept de la Maman
Mon colocataire italien est d'une discrétion de violette. C'est bien simple, je ne l'ai vu que deux fois 1 min depuis qu'il a emménagé mercredi soir. A peine le temps de lui demander son cognome pour mettre sur la boîte aux lettres. Quand je me lève le matin, je l'entends claquer la porte d'entrée et partir, quand je me couche le soir, il n'est pas rentré. Pas trace de lui dans l'appartement, la cuisine est toujours nickel ainsi que la SdB, à croire qu'il n'y a que moi qui en ait l'utilité. Par contre, ce qui est plutôt marrant, ce sont ses étagères de frigo...
Ben oui quoi, vous en connaissez beaucoup, vous, des garçons de 19 ans qui ont : des oeufs, du lait, des beeeeelles petites tranches de jambon, tout pleins de légumes partout (dont des tomates cerises à foison), des beaux yaourts fermiers, etc. Sans oublier du romarin frais et des infusions à la camomille ? DU ROMARIN FRAIS ET DES INFUSIONS A LA CAMOMILLE ?
Moi non. Je ne vous citerai pas ce que je trouvais dans le frigo du Docteur, au début, mais disons que c'était plus conforme à mon image du jeune célibataire, ne vivant plus avec maman.
Bref. Tout ça pour dire que Giambattista a une mama italienne tout ce qu'il y a de plus typique. M'étonnerais pas que dans le congélo il y ait plein de petits tupperware mignons comme des bouh avec des étiquettes dessus^^
Je ne me moque pas, loin de moi cette idée. Disons que c'est juste... Très conforme à mon imagerie italienne (mon imagination, est, vous pouvez le constater, très fertile). Et j'ai omis de vous parler des torrents de larmes qu'elle a versé en signant le contrat de location. "Bouh, mon fils, mon fils unique, qui me quitte pour aller étudier à la viiiiiiiiille". C'était trop mignon. Et moi, je connais une autre maman qui a fondu en larmes quand elle a su que sa fille aînée adorée partait à Lille (1h de Paris en train). A cela, Giambattista a eu une remarque pleine de bon sens, quoiqu'un chouia glaçante : "Maman, seules les mères dont les fils partent à la guerre ont le droit de pleurer !"
De fait, la maman italienne est-elle si caricaturale ? Bien sûr que non. Le concept de la Maman est simplement universel, il va au-delà des frontières. Et comme le disait très justement un autre jeune homme dont le prénom commence également par un G, "on ne peut jamais se rendre compte de l'étendue des sacrifices auxquels nos parents sont prêts pour nous et notre bien-être. Ou peut-être si, le jour où l'on est soi-même parent". Je t'aime ma Maman^^ (Et toi aussi, mon Papounet !!!!)
Bon, sur ce, je vais faire un petit tour de vélo, histoire de profiter du bô temps. Envoyez-moi des mails !! Je m'ennuie de vous.
16:40 Publié dans Moi, ma vie, mon oeuvre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07/10/2006
Erasmus blues
Je crois que je souffre actuellement d'un syndrome de Erasmus-blues, également connu sous le nom de "mais qu'est-ce que je fiche ici, en fin de compte?"
C'est vrai, maintenant que la pression et l'adrénaline suscitées par la première semaine d'installation est passée, je me sens un peu mélancolique tendance chiffon.
D'abord il a fallu quitter le Docteur D. . Ensuite je n'ai toujours pas trouvé les autres Français (mais où se cachent-ils, nom d'une pipe ?!) et j'aimerais bien pouvoir parler un peu français quand même, l'italien je reste malgré tout assez limitée. Et puis je me sens un peu toute seule, n'ayant pas pu participer à toutes les activités Erasmus de la semaine passée, étant trop occupée à me chercher un toit pour dormir. Du coup je suis un peu "sans ami(e)s" pour le moment. Je tâche de me dire que cela ne va pas durer, mais le week-end risque d'être un peu long, malgré tout.
17:43 Publié dans Moi, ma vie, mon oeuvre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05/10/2006
OSS 117, ou le labyrinthe du Minotaure revu et corrigé
Avez-vous vu OSS 117 Le Caire Nid d'Espions ? Si oui bravo, si non, dépêchez-vous d'aller dans votre vidéoclub le plus proche. Outre le fait qu'il s'agit d'un bon petit film où l'on rigole aussi souvent que facilement, il présente l'avantage de démontrer que Jean Dujardin n'est pas QUE l'insupportable Braïce de Naïce. Je ne vous referai pas la critique du film, mais me bornerai à vous rappeler ce qu'en disait les journaux lors de sa sortie, à savoir qu'il s'agit d'une réjouissante parodie des films de 007 des années 50, avec un Sean Connery jamais décoiffé, jamais en sueur, toujours souriant etc.
Quel est le rapport avec Pavie ? Je m'en vais vous le démontrer. Souvenez-vous, dans OSS 117, l'une des scènes mémorables est celle où le héros poursuit (vainement) un malfrat dans les rues labyrinthiques du Caire. Il passe quinze fois au même endroit, prend au pif à chaque croisement, bref, il est perdu, et pas qu'un peu.
Ici, c'est pareil.
L'Università degli Studie di Pavia est l'une des plus vieille d'Europe, avec La Sorbonne et Bologne. Comprenez par là qu'elle est splendide. De grandes salles voûtées aux plafonds recouverts de fresques, des amphithéâtres majestueux avec des moulures partout, des cortile ombragés, une brique jaune ocre qui resplendit au soleil, des escaliers monumentaux en marbre, et j'en passe. Seulement voilà, elle n'est pas seulement belle, cette université, elle est immmmmmmense. Et je pèse mes mots. Trouver sa salle de cours est un défi quotidien. Retrouver l'endroit où l'on a garé son vélo peut vous prendre 20 minutes. Tous les matins, je suis obligée d'arriver en avance pour être sûre d'avoir le temps de trouver mon chemin. Et encore, parfois, c'est juste juste.
Il m'arrive parfois de demander mon chemin aux autochtones. En vain. Quand ils savent exactement où se trouve la salle que je recherche, ce qui est plutôt rare, tellement elles sont nombreuses, ils me répondent, en italien d'une part (donc beaucoup trop vite pour que je comprenne quoi que ce soit, même s'ils font des efforts), d'autre part en m'indiquant un chemin tellement complexe que je perds pied après les deux ou trois premières indications. Imaginez, cela donne a peu près cela, en VF :
" La salle F ? Alors c'est simple, vous allez tout droit, vous passez une cour, une deuxième, vous sortez de celle-ci au fond à gauche après le cadran solaire mural, vous montez les escaliers, vous parcourez le couloir, vous sortez à la huitième à droite, vous traversez la cour, puis vous marchez le long du couloir, vous tournez à gauche, non à droite, oui à droite c'est ça, et puis après la salle F c'est la quatrième à gauche."
Voilà.
C'est terrible.
Je ne sais pas si j'arriverai à m'imprégner de la topographie du lieu avant la fin de l'année, d'autant plus qu'il m'est impossible de me souvenir d'un jour à l'autre de la localisation effective de mes salles de cours, étant donné que j'ai initialement tourné en rond pendant 1/2h avant de les trouver.
Hier, en suivant un Italien qui me proposait de m'accompagner lui-même à la salle XDGBFGH, je suis passée par une ravissante cour ombragée, avec des tables, des chaises, un petit café à côté, et je me suis dit que c'était le coin parfait pour travailler tranquille. Le problème, c'est que je ne sais pas si je pourrai jamais en retrouver le chemin, voire si cette salle existe pour de bon. Peut-être est-elle une oasis, un mirage, peut-être ne peut on y accéder qu'en suivant un initié, un peu comme pour le village des Schtroumphs. Ou bien en souhaitant la chercher, on ne la trouve pas, et pouf! dès qu'on arrête d'y penser, on tombe dessus.
Cette université me fait de plus en plus penser à Hogwarth-Poudlard.
17:35 Publié dans Moi, ma vie, mon oeuvre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01/10/2006
Chroniques italiennes
A y est, c'est officiel, mes aventures transalpines commencent pour de bon. A cette heure précise, j'ai terminé de vider mes valises, et me voilà confortablement installée dans mon bôôôôôô petit studio italien de la Via Appennini, 4 (27100 - PAVIA, Italia, j'attends vos cartes postales bien entendu).
Et dire que tout avait si mal commencé... Je n'ai pas attendu plus loin que le premier jour pour fondre en larmes pour la première fois de ce côté-ci des Alpes. Explication.
- Il pleut des trombes d'eau depuis que nous avons passé le tunnel du Mont-Blanc, ça n'arrête pas, c'est à se demander d'où peut bien venir toute cette flotte. Je brièvement panique en me souvenant qu'une fois il a plu pendant 40 jours et 40 nuits, et que c'était plutôt le bordel. Je ne suis pas l'Elu, le seul que Dieu veut bien sauver, je ne suis qu'une étudiante Erasmus. Je n'ai pas d'Arche, je n'ai qu'une chambre à la Locanda della Stazione. Comble du comble, je n'ai même pas de parapluie, et le Docteur D. a oublié son manteau à Meudon (je vous avait dit que ça commençait mal).
- Sur le pare-brise de la voiture, une contravention de 35€ pour avoir dépassé d'un quart d'heure la fin du ticket de parking. Faut vraiment être le fils à personne pour faire partie de la Polizia stradale. Je vais à l'Ufficio Erasmus de la fac, où je découvre que Sonia L. ne m'a jamais fait parvenir mon dossier avec mon emploi du temps, ma lettre d'acceptation, etc. Ça continue.
- Je vais au Centro Assistenza Studenti, où la responsable me chie une pendule parce que soi-disant elle m'attendait à 9h30 am pétantes. Je faisais la queue à l'Université !! Passons. Elle nous emmène voir ma chambre et mes collocs. Ici je me dois de préciser un point important : j'avais demandé EXPRESSEMENT un chambre simple en résidence universitaire, je me retrouve avec une chambre double en appartement privé. Admettons. Je veux bien me montrer conciliante. Seulement voilà, quand nous arrivons, c'est pour découvrir un HLM pourri. Puis un appartement exigu, pourri lui aussi, certainement pas conçu pour y vivre à 4. Dans ma chambre il y a 2 lits en fer type prison, 1 armoire et 1 bureau pour 2, pas la moindre étagère, pas de volets. Pas de pièce commune, une salle de bains à la propreté... discutable. Le Docteur D. ne parle pas un mot d'italien, mais quand la responsable me demande la bouche en cœur si ça me plait, j'ai la très nette impression qu'il veut lui dire, selon son habitude, "c'est une plaisanterie ?".
- En admettant que je passe un an dans ce taudis. De toute façon on est un peu déboussolé. On demande si on peut payer la somme astronomique (3 mois de loyer de caution + 3 mois de loyer anticipés = 1350 €) en chèque. Non non, impossible. Tout en liquide. Ben voyons. J'ai constamment sur moi 1350€ en petites coupures, au cas où, pour mes faux frais. Trop, c'est trop, nous quittons cette antre du diable.
- Il pleut toujours, et pas de la pluie de tapette, si vous me passez l'expression.
- Les chaussures du Docteur D. ont des semelles en cuir. Comme nous pataugeons dans des océans d'eau de pluie depuis le matin, elles n'ont pas supporté ce traitement de choc. Il a les pieds trempés, mais bizarrement ne le remarque pas tellement, dans la mesure où, sans manteau et sans parapluie, on dirait qu'il a pris une douche tout habillé.
- On fait quatre distributeurs automatiques pour trouver du cash, la carte bleue du Docteur n'est reconnue nulle part. Notre situation devient problématique, en plus nous avons faim, et tous les restaurants sont fermés, impossible de trouver la moindre pizzeria ouverte, bordel de chierie de saloperie de merde. Nous sommes réduits à manger des crackers au romarin tout secs avec de l'eau pour le dîner. Le Docteur dit qu'il ne sent pas bien, qu'il n'a plus assez de gras dans le sang, il dit qu'il en train de se lyophiliser.
- Nous trouvons une place pour garer la voiture à 10 minutes de la Locanda. A la limite, c'est pas trop grave, de toute façon on peut difficilement être plus trempés.
Je suis un peu déprimée, j'ai faim, j'ai froid, j'en ai marre, je veux aller me coucher et me réveiller en constatant que tout cela n'était qu'un vil cauchemar. Je vais prendre une douche. Enfin un peu de douceur et de bien-être. Las, quand je prends mon sèche-cheveux, les résistances deviennent toutes rouges, ça sent le brûlé, et avant même de pouvoir réaliser ce qui se passe, il émet un filet de fumée, et pouf, il s'éteint. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je n'ai pas de maison, le climat est déprimant au possible, je dégouline d'eau et j'ai l'estomac vide. Je m'assois sur le lit et me mets à pleurer. Encore de l'eau, mais ça fait du bien, ça soulage vachement.
Vous y croyez vous, à autant de m*** sur une seule journée ?? Moi non.
Cela dit, je vous rassure, une semaine plus tard, tout s'est bien terminé. Et même si aujourd'hui, il pleut encore, et que j'ai dû raccompagner le Docteur à l'aéroport de Bergamo (non sans avoir la gorge serrée sur le chemin du retour), j'ai confiance. Cette année va être sympathique, c'est la chance de ma vie, j'y crois à mort^^
18:20 Publié dans Moi, ma vie, mon oeuvre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








