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27/06/2005
Sin City version bêta
Ma Meur elle dit que c'est trop long pour une critique ciné... Quoi vous en pensez ? Je veux pas envoyer n'importe quoi à Loup, j'ai une image de marque à honorer quand même^^
FRANK MILLER’S SIN CITY
Honnêtement, je suis un peu le cul entre deux chaises avec ce film… Si je vous dis que j’ai adoré, vous allez croire que je n’y suis allé que pour son caractère ultra-violent. Ce serait mal me connaître, mes chers amis, et ce serait mal juger le film en question. Oui, il est violent, très violent même. Mais ce serait vraiment dommage de le réduire à cet aspect seulement... Attention, ne le prenez pas au second degré pour autant, ce n’est pas le but. Allez-y pour les vies qui y sont narrées, qu’elles soient celles d’une grosse brute pas si épaisse que ça, d’une walkyrie pas si insensible que ça, ou d’un vieux flic pas encore si foutu que ça. Allez-y pour la photographie. Allez-y pour la scène dirigée par Tarantino (un pur délice, sans vouloir être démago). Allez-y pour les autres raisons que je vais essayer de résumer ici.
Le traitement de l’image est un pur délice. Du noir et blanc, esthétique et glaçant au possible, avec des touches de couleurs vives qui soulignent les détails et introduisent une frontière avec le réel qui rend supportables les pires horreurs commises par les personnages, Marv (Mickey Rourke) en tête. Le sang est jaune ou noir, ou blanc, le ciel est rouge, les yeux des filles sont forcément bleu acier, les femmes fatales ont les cheveux dorés ou les lèvres grenat. Toute l’essence du film tient là : il aurait pu s’agir d’une consensuelle mais banale adaptation de l‘œuvre culte de Frank Miller, il aurait pu s’agir d’un odieux film fonctionnant à l’hémoglobine uniquement, et voilà qu’on se retrouve avec une œuvre d’art, une fresque en clair-obscur, un vrai film noir où comme toujours, c’est l’amour qui édicte les règles (pas la peine de sortir vos violons, merci).
Ce qu’il y a de carrément jouissif dans la réalisation, c’est que l’on voit bien que, pour une fois, le créateur de l’œuvre n’a pas fait que vendre ses droits : il est resté présent aux côtés du Mexicain déjanté, d’un bout à l’autre du film (Brittany Murphy les comparait même au Ying et au Yang, c‘est vous dire). Voir le film sur grand écran, c’est voir le comic s’animer, voir les cases prendre vie d’une manière qui confine au mimétisme, à la photocopie pure et simple. Le résultat est troublant, et, à l’instar de certaines interrogations métaphysiques, le doute parvient à nous étreindre : qui est véritablement à l’origine ? Le comic ? Le film ??
Trois histoires sont contées : Sin City premier du nom (The Hard Goodbye pour les connaisseurs), That Yellow Bastard et The Big Fat Kill. Choix judicieux, qui permet de retrouver certains des personnages les plus emblématiques de la saga : Marv, Dwight, Gail, Hartigan, Nancy, Miho… Frank Miller se serait-il inspiré de stars de cinéma bien réelles pour imaginer sa galerie de gladiateurs et de walkyries ? Ou Robert Rodriguez a-t-il eu une veine de cocu que Clive Owen, Rosario Dawson, Benicio Del Toro and co existent ? Je m’explique : comparez n’importe quelle case du comic, et vous verrez qu’on ne pouvait décemment trouver mieux que Clive Owen pour incarner Dwight, par exemple. Du mimétisme, je vous dis.
Enfin, allez-y pour Elijah Wood. Je ne briserai pas l’effet de surprise en vous révélant pourquoi, mais croyez-moi, vous ne regarderez plus JAMAIS Le Seigneur des Anneaux de la même façon…
« Walk down the right alley in Sin City, and you can find anything ».
Pour une fois, et c’est assez rare pour le signaler, la publicité n’est pas mensongère.
21:40 Publié dans Dans les salles obscures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








